L’opposition ivoirienne se fracture, Biya (92 ans) marche vers un 8e mandat, le Tchad entérine la dynastie Déby, et le Gabon sombre dans une mascarade électorale. Mais une nouvelle force émerge : à Madagascar et au Maroc, la jeunesse de Gen Z, galvanisée par la dignité, descend dans la rue, annonçant une nouvelle ère de contestation citoyenne.
Ce week-end, l'Afrique centrale et de l'Ouest a basculé dans la séquence électorale la plus explosive depuis des décennies. En Côte d'Ivoire, l'opposition se fracture à trois semaines du scrutin présidentiel du 25 octobre : Charles Blé Goudé claque la porte de la coalition pour rallier Simone Gbagbo, pendant que Laurent Gbagbo reste muet et que 44 000 agents de sécurité quadrillent déjà le territoire. Au Cameroun, Patricia Tomaino Ndam Njoya mobilise ses derniers bataillons à Douala avant le vote du 12 octobre qui consacrera probablement le huitième mandat de Paul Biya, 92 ans. Au Gabon, le chaos électoral s'installe définitivement avec le retrait massif des candidats de l'opposition qui dénoncent une "mascarade", tandis qu'au Tchad, la révision constitutionnelle actée vendredi 3 octobre ouvre à Mahamat Idriss Déby un règne sans limite. Pendant ce temps, au Togo, on commémore dans un silence pesant les 35 ans du soulèvement du 5 octobre 1990 contre la dictature – un anniversaire qui résonne comme un avertissement pour toute la région.
Mais les secousses ont aussi secoué d’autres pays d’Afrique : à Antananarivo, Andry Rajoelina a perdu la bataille de la rue face à la jeunesse galvanisée par Gen Z, tandis qu’à Rabat, le même mouvement de jeunesse réclame la démission du gouvernement après des manifestations massives. Le 4 octobre 2025 restera comme le jour où les deux Gen Z, l’une à Madagascar, l’autre au Maroc, ont fait trembler des régimes.
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